Le Voleur de silhouettes de Laurent Nicolas

D’ordinaire, je n’accroche pas trop au format de la nouvelle que je trouve trop court et donc frustrant quand on s’attache à un personnage. Dans Le Voleur de silhouettes de Laurent Nicolas, écrivain, plasticien et animateur radio, je n’ai pas eu cette impression. C’est comme si chacun des personnages rencontrés était une facette du narrateur.

le voleur de silhouettesLe Voleur de silhouettes de Laurent Nicolas

Le Voleur de silhouettes contient quatre nouvelles dont l’action se déroule aux États-Unis. Les ingrédients de ce recueil sont étonnants : désir, mensonge, suspense, humour, déception… Chaque texte est précédé d’une citation de Raymond Chandler, le père du très célèbre Philip Marlowe.

Mes deux coups de cœur vont d’abord à « Martini Gin » puis à « Il neige sur Savannah ».

 

Dans « Martini Gin », le narrateur tombe sur un cadavre dans un bar de Key West à Miami. La description de la ville, des paysages et des ambiances est très documentée et très personnelle à la fois. Vous aurez envie de partir voyager sac au dos à la rencontre d’autochtones aux secrets bien gardés. Laurent nous tient en haleine sans omettre de nous faire rire et nous plonge dans un univers habité où l’on se laisse guider sans opposer de résistance.

Extrait : « Dans quelques instants, je vais voir ma vie défiler devant moi […] Est-ce que ça va ressembler à un diaporama d’ordinateur avec une musique ringarde en fond ? J’espère que ça ne tourne pas sous Windows sinon à tous les coups ça va planter et je ne verrai pas la fin. »

« Il neige sur Savannah » est une histoire d’amour qui commence entre deux personnages qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Deux silhouettes qui se croisent et s’accrochent dans un lieu de transition, fuyant ensemble une vie qui ne leur correspond plus. Le drame est amené par petites touches et le regard porté sur l’adultère est tout à fait surprenant. De très belles images sur le côté éphémère de l’amour.

Extrait : « L’hôtel devait acheter ces bandes sonores en Chine car les arrangements à la boite à rythmes faisaient plus penser à du théâtre nuoxi qu’à du jazz rock des années 70. J’étais en train de tomber amoureux sur un fond musical guimauve interprété au synthétiseur avec des moufles. »

Vous pouvez acheter Le Voleur de silhouettes sur le site des éditions Lilo.

Bonne lecture !

~Joy

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