La tyrannie de la balance

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Les beaux jours pointent le bout de leur nez (enfin… entre 2 averses), et vous redoutez l’épreuve du maillot de bain sur la plage ?

Ce texte produit en atelier d’écriture est pour vous :

 

La tyrannie de la balance

Ma balance gémit quand je la sors de sous l’évier de la salle de bains. Elle n’est visiblement pas de bonne humeur.

« T’exagères. 3 semaines que tu ne me dis plus bonjour ? Qu’est-ce que je t’ai fait ? Pourquoi tu fais la gueule, au juste ?

_Rien, je lui réponds. J’avais pas envie de faire attention à ce que je bouffe pour une fois, c’est tout.

_Pas attention ? Tu rigoles, j’espère ! Ah non, me dis pas que tu as encore craqué ! Qu’est-ce qui s’est passé cette fois ? Tu sais bien que tu ne peux pas t’empêcher de manger quand tu penses à LUI. »

 

En disant cela, le contour des deux pointes de pieds dessinées lui font comme de gros sourcils réprobateurs. Le regard de ma balance s’est assombri. Je sais qu’elle me juge. Elle n’est pas du genre à tourner autour du lavabo.

« Écoute, c’est pas un drame si…

_Combien de kilos t’as pris ? Grimpe là-dessus tout de suite.

_C’est vrai que j’avais pas de nouvelles, et j’avoue que j’ai un peu craqué sur le chocolat, mais bon…

_Grimpe là-dessus, je te dis ! Si ce ne sont pas tes pieds qui se déplacent, je te fais une balayette. »

 

Mes jambes tremblent sous la menace. J’hésite.

« J’ai pas très envie de…

_Viens là.

_Ça ne sert à rien. De toute façon, je…

_Viens-là, nom de Dieu !

_C’est à cause de la bière et aussi… Oh, et puis merde ! »

 

Une sensation de brûlure sous la plante de mes pieds. La morsure métallique du froid fait courir un frisson le long de mes jambes dénudées.

« Han ! J’y crois pas ! T’as pris 4 kilos depuis la dernière fois ! »

Quatre kilos ? Je n’y crois pas non plus. Je me méfie des balances.

 

« Attends, t’es sure que t’es bien réglée, là ? »

Je descends de la balance pour y monter de nouveau. Une fois, deux fois, trois fois.

« Hé ! Ça suffit, là-haut ! Tu sais bien que je suis la seule à ne pas te mentir. »

Les chiffres à l’écran n’ont pas bougé. Nous voilà obèses. Je dis ‘nous’ pour bien souligner l’obésité de la chose. Bien-sûr, la chose c’est moi.

 

***

Je sais que c’est un peu barré, mais bon… Je m’en balance.

balançoire
Ouiiiii !

 

Merci de me suivre, je vous kiffe ! :)

~Joy

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